Woman Down ou les confessions d’une autrice ?
Colleen Hoover nous l’a dit dès le départ : “Please, I beg of you, do not try to make ties between my personal life and this story, as there are none.” (Je vous en prie, s’il vous plaît, n’essayer pas de tisser des liens entre ma vie personnelle et cette histoire.)
Pourtant entre la vie de l’autrice et la vie de Petra, il y a des points communs que l’on ne peut pas ne pas évoquer.
- Une autrice en panne d’écriture.
Colleen Hoover n’a pas écrit depuis It ends with us. C’était il y a environ trois ans. Pourtant l’autrice était plutôt prolifique jusque-là avec une publication de deux romans par an ainsi que des nouvelles.
2. Une autrice marquée par une adaptation cinématographique problématique.
On ne reviendra pas sur les tensions existantes entre Blake Lively et Justin Baldoni, lors du tournage de It ends with us, justement.
Mais les parallèles s’arrêtent là ce qui a tendance à confirmer les dires de l’autrice. « Woman Down » est en effet narré par Petra Rose, une autrice de suspense romantique qui « produisait autrefois deux livres par an avec une aisance déconcertante », en publiant des vidéos en direct pour rester en contact avec ce qui était alors une communauté de fans plus restreinte, plus chaleureuse et « bien plus positive ». Mais après le tollé provoqué par l’adaptation cinématographique d’un de ses romans, elle se retrouve frappée d’un blocage de l’écrivain dévastateur. Petra se réfugie alors dans un chalet au bord d’un lac, qui se trouve être un Air bnb épuré, bien décidée à boucler son manuscrit en cours : l’histoire d’une femme impliquée avec un policier marié. Tard dans la nuit, un détective du nom de Saint frappe à sa porte alors qu’il enquête sur un accident survenu plus bas sur la route. Leurs rencontres coquines, prétextes à des recherches pour son livre, deviennent de plus en plus torrides.
L’autrice n’est pas connue pour son style riche en métaphores. Mais dans ce roman le style semble encore plus dépouillé, trop sûrement. Les lieux semblent vides. On connaît peu le passé des personnages dont la description est esquissée. À l’exemple de ce portrait du détective : « Mon cerveau enregistre le moment, stockant l’image de lui pour un usage ultérieur. C’est ce visage qu’il faut mettre sur Cam, me dis-je, un petit sourire tirant sur le coin de mes lèvres malgré les circonstances étranges. » Quelle est cette image ? À quoi ressemble le visage de Saint ? Mystère….
L’accueil du livre n’est pas chaleureux parmi les internautes et sur les réseaux sociaux. Les lectrices se plaignent de ne pas retrouver le charme et le côté thriller d’un livre comme Verity. Il est vrai que ce livre est très, trop introspectif.
Il me semble que la seule vraie réussite de ce livre réside dans l’évocation du métier d’écrivain. Quand Petra évoque son rapport au public : how “public scrutiny became a suffocating blanket”, ou l’innocence de ses débuts “I used to have so much fun with it all. I used to wake up ready to see which of my friends were online. Or I’d wake up wanting nothing more than to dive back into whatever manuscript I was writing. Now I just lie in bed, dreading what each workday will bring.”
Peut-être que la seule ligne de conduite pour un auteur est celle évoquée par Saint : rester fidèle à soi-même car les lecteurs : « They just move on to the next book. The next author. The next movie. The next popular thing. Because hating you and loving you is a fad that they will move on from. Every single person will move on from this experience but you.”
Alors selon vous, peut-on considérer ce livre comme une confession ?



